Comment hiverner les dahlias : déterrer, sécher et stocker les tubercules sans qu’ils pourrissent

Un dahlia bien hiverné repart au printemps avec des tubercules fermes, un dahlia mal rangé finit en bouillie au fond d’une cave. Tout se joue sur trois gestes : arracher après la première gelée, sécher peu mais bien, puis ranger au frais, entre 4 et 10 °C.

À retenir
  • Arracher les dahlias dès que le gel noircit le feuillage, en choisissant un jour sec avec un sol bien ressuyer.
  • Laisser sécher les touffes la tête en bas quelques jours jusqu’à un léger plissement de la peau, le cœur restant humide.
  • Stocker dans une caisse aérée entre 4 et 10 °C, avec sable humide ou papier journal, en contrôlant mensuellement l’état.

Le bon moment : quand le feuillage noircit

Les premières gelées noircissent les feuilles, et c’est votre signal. On peut encore attendre une à deux semaines pour laisser la maturation se terminer, car tant que le feuillage est vert, il continue d’envoyer des sucres vers le tubercule. Arracher trop tôt donne des tubercules plus petits, plus fragiles pendant le stockage.

Dans le Sud, on peut les laisser en terre si l’hiver reste doux.

Ailleurs, dès que le sol gèle, l’arrachage devient obligatoire : des tubercules laissés en terre gelée risquent d’éclater, puis de pourrir. Dans une région tempérée, un sol bien drainé sous un paillage épais peut sauver un hiver doux, sans garantie.

Le jour venu, choisissez une journée sans pluie, avec un sol qui n’est pas détrempé. Coupez les tiges à 10-15 cm du sol avec un sécateur propre : ce moignon servira de poignée. Plantez une fourche-bêche à 25-30 cm autour du pied, jamais une bêche qui trancherait les tubercules, puis soulevez la motte tout doucement. Retournez-la sur le sol et secouez l’excès de terre.

Sécher sans dessécher

Les dahlias sont plus délicats à ranger que d’autres racines tubéreuses : leur peau fine les fait se dessécher très vite. Surveillez aussi le col étroit entre la couronne et le tubercule, qui casse facilement.

Je lavais mes touffes à grande eau, autrefois, à tort. Brossez ce qui part tout seul et gardez le reste, car un peu de terre collée aux tubercules ne fait pas de mal. Posez ensuite les touffes la tête en bas, pour que l’eau s’écoule des tiges, à l’abri du soleil et du gel, pendant quelques jours. Quand la peau commence à se rider légèrement, c’est bon.

Le cœur doit rester légèrement humide pour garder le germe vivant.

Un local frais, une caisse qui respire

Visez 4 à 10 °C et une humidité relative de 75 à 85 %, dans le noir. Sous-sol non chauffé, garage non chauffé ou cave conviennent, pourvu que le gel n’entre jamais. Un tubercule gelé ne se rattrape pas. Certains jardiniers préfèrent 4 à 7 °C, pour éviter un débourrement trop précoce.

Bien au-dessus de 15 °C, les tubercules se remettent à pousser en plein hiver.

Côté contenant, une caisse plate en bois tapissée de papier journal fait très bien l’affaire. Si votre cave est très sèche, étalez une fine couche de sable légèrement humide, posez les tubercules, puis recouvrez d’une autre couche de sable (la sciure marche aussi). Les sacs plastique fermés sont à éviter : sans air, les tubercules risquent de pourrir. Un étiquetage par variété, glissé dans la caisse, vous évitera de mauvaises surprises en mai.

Jetez un œil une fois par mois. Les tubercules mous sortent de la caisse et l’on aère davantage ; ceux qui se fripent reçoivent une brumisation ou un peu de substrat humide.

Les dahlias en pot peuvent hiverner dans leur contenant : on réduit progressivement les arrosages dès septembre pour que la terre soit sèche au moment du stockage. Après avoir coupé les tiges à quelques centimètres, le pot va dans un local hors gel avec des arrosages très espacés. Dès mars, on les déterre pour les installer dans un terreau frais.

Pour l’an prochain, un dernier apport d’engrais, quatre à six semaines avant l’arrachage, aide la plante à remplir ses réserves. Un dahlia sous-alimenté pendant la saison n’a pas assez de sucres et d’amidons à transférer. À la fin de l’hiver, sortez les caisses à température ambiante pour réveiller les tubercules. Comptez une demi-heure pour une dizaine de pieds, une fois la routine acquise.

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