Un radiateur resté froid en octobre alors que la chaudière tourne, c’est le plus souvent un pointeau collé en position fermée depuis l’été. Le débloquer prend cinq minutes, avec une pince et un chiffon. Aucune vidange, aucun plombier.
- Le pointeau est une fine tige qui commande l’ouverture du radiateur et se grippe quand elle reste immobile tout l’été.
- Déposez du dégrippant silicone à sa base, puis tirez-la doucement avec une pince à bec fin une dizaine de fois jusqu’à ce qu’elle remonte seule.
- Réglez les têtes thermostatiques sur 5 à la fin de l’hiver, puis faites-les coulisser mensuellement l’été pour éviter que le calcaire ne les bloque à nouveau.
Pourquoi cette petite tige se fige
Le pointeau est cette fine tige métallique qui dépasse au centre du corps du robinet, sous la tête thermostatique. Quand la tête se dilate ou se rétracte selon la température de la pièce, elle enfonce la tige ou la relâche, et ce va-et-vient ouvre ou ferme le passage de l’eau. Tout l’été, la tête reste sur le même cran, la tige ne bouge plus, et le calcaire comme la corrosion la soudent à son logement. Le ressort de rappel, trop faible pour vaincre ce grippage, la laisse enfoncée.
Enfoncée, elle bloque l’eau : le radiateur reste glacé, même avec la tête sur 5. Plus rarement, elle reste coincée en haut, et le radiateur chauffe à fond sans écouter le thermostat.
Le geste, étape par étape
Réglez d’abord la tête sur son maximum, puis retirez-la. Selon les modèles, elle se fixe par un écrou à dévisser dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, par un clip ou par une bague à tirer. Aucun outil n’est nécessaire dans la plupart des cas, et l’eau reste dans le circuit.
Appuyez sur le pointeau : il doit rebondir comme un stylo à clic.
S’il reste enfoncé, déposez à sa base une goutte de dégrippant au silicone, plutôt qu’une huile minérale qui peut abîmer les joints en caoutchouc. Laissez agir une minute. Saisissez ensuite la tige entre les mors d’une pince à bec fin et faites-la coulisser de haut en bas, en tirant très doucement, une dizaine de fois. Dès qu’elle remonte seule, essuyez-la avec le chiffon.
Remettez la tête en place, tournez-la sur 5 et patientez dix minutes. Le haut du radiateur doit tiédir puis chauffer, à condition que la chaudière soit bien en marche ce jour-là.
Ce qu’il ne faut pas faire, et ce qui n’est pas le pointeau
La tige coulisse dans un joint qui assure l’étanchéité du robinet. Une pince crantée serrée à fond, une traction brutale ou un coup de tournevis la rayent, et le circuit se met à suinter. Même chose si vous dévissez le corps du robinet : sans vidange préalable, l’eau du circuit s’échappe.
Un radiateur froid en haut et chaud en bas souffre d’air, pas de pointeau.
Dans ce cas, une purge avec la clé à radiateur suffit. Si le pointeau bouge librement mais que le radiateur reste froid, la coupable est la tête : son capteur interne ne pousse plus la tige. Une tête neuve se change en deux minutes, en relevant d’abord le filetage, le M30x1,5 étant le plus courant.
Si une goutte perle à la base de la tige après l’opération, le joint est abîmé. Remplacer le corps du robinet impose de vidanger l’installation, un travail à confier à un chauffagiste.
Éviter que ça recommence
Chez moi, la chambre d’amis restait glacée chaque octobre, jusqu’à ce qu’un voisin chauffagiste me montre ce geste. Depuis, je règle toutes mes têtes sur 5 à la fin de l’hiver, puis je les fais passer de 5 à 1 et retour une fois par mois pendant l’été. Ce mouvement empêche le dépôt de se fixer sur la tige. Plusieurs fabricants recommandent cette habitude, qui prend moins d’une minute par radiateur.
Un degré de moins, c’est environ 7 % de chauffage en moins, d’après l’Ademe.
Un robinet grippé en position ouverte pousse à ouvrir la fenêtre pour évacuer la chaleur en trop, pendant que la chaudière continue de tourner. Grippé en position fermée, il pousse à brancher un radiateur d’appoint électrique, souvent plus coûteux au kilowattheure qu’un chauffage au gaz.
En chauffage collectif, le circuit alimente tout l’immeuble. Une goutte au pointeau se signale donc au syndic ou au gestionnaire, sans tenter de réparer soi-même.