Non, on ne taille pas les rosiers en automne, ou alors très peu. En octobre, on ne touche qu’aux rameaux qui gênent, aux fleurs fanées et aux branches mortes ou malades. La vraie taille, celle qui structure l’arbuste et déclenche la floraison de l’année suivante, attend la fin de l’hiver, généralement février ou mars selon votre région.
- Une taille lourde en octobre fait pousser de jeunes bourgeons que le gel grille.
- Le bois mort, les fleurs fanées et les branches malades se coupent dès maintenant.
- La vraie taille de structure se fait fin février ou mars, quand les bourgeons gonflent.
Pourquoi couper court maintenant fragilise le rosier
Un rosier taillé en octobre réagit comme à un signal de printemps. La sève, qui commence tout juste à ralentir, pousse de nouveaux bourgeons juste sous la coupe.
Ces jeunes pousses tendres arrivent au pire moment. Le premier gel sérieux, souvent aux alentours de novembre dans une bonne partie de la France, les grille net, et la brûlure peut descendre dans le bois sain en dessous. J’ai fait cette erreur il y a quelques années avec un ‘Gloire de Dijon’ que je trouvais trop envahissant : trois branches noircies au printemps suivant, et une floraison décalée d’un mois.
Les grandes plaies posent un second problème. Elles cicatrisent mal quand le froid et l’humidité s’installent, et deviennent des portes d’entrée pour les champignons, notamment le botrytis, qui prospère dans les automnes pluvieux.
Une taille tardive, en novembre ou décembre, est pire encore.
Ce que vous pouvez couper dès maintenant
Quelques gestes d’entretien sont utiles et sans danger. Le premier consiste à retirer les fleurs fanées et les boutons qui ne s’ouvriront plus, en coupant juste au-dessus d’une feuille. Les rosiers remontants, qui fleurissent jusqu’aux gelées, continueront d’ailleurs à produire quelques roses tant que les nuits restent au-dessus de 5 °C environ.
Le bois mort, lui, se repère à sa couleur brune ou grise et à sa moelle sèche. On le supprime sans hésiter, en descendant jusqu’à un tissu vert et sain, avec un sécateur bien aiguisé.
Même chose pour les branches visiblement malades : tiges tachées de noir, feuilles criblées de marques circulaires (la maladie des taches noires), rameaux couverts d’une poudre blanche (l’oïdium). Plus tôt vous les évacuez, moins il y aura de spores à passer l’hiver au pied de l’arbuste.
Dernier cas, les gourmands. Ces tiges vigoureuses issues du porte-greffe, sous le point de greffe, se reconnaissent à leurs feuilles à sept folioles au lieu de cinq. On les arrache plutôt que de les couper, en dégageant légèrement la terre à leur base.
Et les rosiers grimpants ? On attache les longues tiges souples avant les coups de vent d’automne, sans les raccourcir.
Le grand nettoyage des feuilles et de la base
Ramassez les feuilles tombées, surtout celles qui portent des taches noires. Le champignon y hiverne et recontamine les nouvelles pousses dès avril, ce qui explique pourquoi certains rosiers rechutent chaque année malgré les traitements.
Ces feuilles ne vont pas au compost familial, dont la température dépasse rarement 50 °C, trop peu pour détruire les spores. Mettez-les dans la poubelle des déchets verts, ou à la déchetterie.
Le buttage, lui, protège vraiment. On forme une petite butte de terre ou de compost mûr d’environ 20 cm de haut autour du pied, en novembre, pour couvrir le point de greffe, la zone la plus sensible au gel. On la retire en mars, quand les risques de fortes gelées s’éloignent.
Dans les régions douces (Bretagne littorale, Sud-Ouest, côte méditerranéenne), le buttage est moins utile, sauf pour les variétés réputées frileuses.
Février : la vraie taille, mode d’emploi
On taille quand les bourgeons commencent à gonfler et que les gelées les plus dures sont derrière nous. En pratique, de fin février à mi-mars dans la moitié nord, dès février dans le Midi. Une vieille règle de jardinier dit que la floraison des forsythias est un bon signal : quand leurs fleurs jaunes apparaissent, les rosiers peuvent passer sous le sécateur.
Pour les rosiers buissons à grandes fleurs et les floribundas, on rabat à 3 à 5 yeux (les petits bourgeons) au-dessus du sol, soit environ 15 à 25 cm de hauteur. On coupe en biseau, à 5 mm au-dessus d’un œil orienté vers l’extérieur, pour ouvrir le centre de l’arbuste et laisser passer l’air.
Les rosiers anciens et les arbustes qui ne fleurissent qu’une fois, comme beaucoup de rosiers botaniques, se taillent beaucoup plus légèrement, et plutôt après la floraison. Un coup de sécateur en février leur enlèverait justement les rameaux qui portent les fleurs de juin.
Pour les grimpants remontants, on garde les charpentières, les grandes tiges principales, et on raccourcit les latérales à deux ou trois yeux. Enfin, on incline les tiges à l’horizontale quand c’est possible : elles fleurissent davantage le long de la branche que sur le haut.
Désinfectez la lame à l’alcool à brûler entre deux rosiers, surtout si l’un d’eux était malade.
Si vous hésitez à propos d’un rosier jamais taillé, mieux vaut ne couper qu’un tiers de sa hauteur cette première année, et laisser le rosier montrer comment il repart.