J’ai longtemps vidé cette eau dans l’évier sans savoir tout ce qu’elle pouvait faire à la maison

pendant des années, j’ai fait comme tout le monde : après avoir cuit mes pâtes ou mes pommes de terre, j’attrapais la casserole et je versais tout dans l’évier sans même y penser. L’eau chaude partait, et avec elle quelque chose d’utile que j’ignorais complètement. C’est une amie jardinière qui m’a ouvert les yeux la première fois, presque par hasard, et depuis je ne jette plus une goutte de cette eau sans me demander ce que je pourrais en faire.

L’eau de cuisson, c’est une ressource déguisée en déchet. Selon ce qu’on y a fait cuire, elle concentre des minéraux, de l’amidon, des enzymes ou des nutriments que la chaleur a extraits des aliments. Pas étonnant qu’elle soit bien plus efficace que l’eau du robinet pour certains usages domestiques. Le tout, c’est de savoir laquelle utiliser pour quoi.

À retenir

  • L’eau des légumes renferme des minéraux précieux que vos plantes adorent
  • L’amidon de la cuisson des pâtes agit comme un nettoyant naturel insoupçonné
  • L’eau de riz fermentée était un secret de beauté asiatique depuis des siècles

L’eau de cuisson des légumes, une alliée végétale insoupçonnée

Commençons par celle que je valorise le plus souvent : l’eau des légumes. Carottes, haricots verts, brocolis, épinards… quand on les cuit à l’eau, une partie de leurs minéraux (potassium, magnésium, calcium) migre dans le liquide. Cette eau légèrement minéralisée, une fois refroidie à température ambiante, fait des miracles au jardin ou sur les plantes d’intérieur. J’arrose mes fougères et mes pothos avec régulièrement, et la différence est frappante.

Pour les potagers, c’est encore mieux. Des études menées par des agronomes ont montré que cette eau, utilisée en remplacement de l’eau d’arrosage ordinaire, peut légèrement stimuler la croissance des jeunes plants grâce à l’apport en nutriments solubles. Rien de spectaculaire, mais dans la durée, ça compte. Attention cependant : si vous avez salé votre eau de cuisson, n’arrosez pas vos plantes avec, le sel, à forte concentration, abîme les racines. Ma règle personnelle : je cuisine sans sel les légumes que je destine à être mangés vapeur ou dans une salade, ce qui résout le problème à la source.

L’eau de cuisson des pâtes et des pommes de terre, un produit ménager inattendu

l’eau de cuisson des féculents, c’est une autre histoire. Riche en amidon, elle a des propriétés légèrement nettoyantes et dégraissantes que j’ai découvertes presque par accident. Un soir, j’avais renversé un peu d’eau de pâtes sur mon plan de travail en bois et, en essuyant, j’ai remarqué qu’une petite tache grasse avait disparu avec. L’amidon en suspension agit un peu comme un agent de surface naturel, capable de décrocher les dépôts légers.

Depuis, j’utilise l’eau de cuisson des pommes de terre tiède pour récurer l’intérieur de mes casseroles tachées ou pour frotter les joints de carrelage de ma cuisine. Elle aide aussi à redonner de l’éclat à la vaisselle en inox, un bon bain dans cette eau, un rinçage, et les traces de calcaire disparaissent plus facilement. Rien d’extraordinaire, mais c’est gratuit, naturel, et ça évite de sortir un produit chimique pour des petites corvées.

Les adeptes du pain maison connaissent bien l’autre usage de cette eau amidonnée : intégrée à la pâte à pain en remplacement partiel de l’eau ordinaire, elle favorise une mie plus moelleuse et une croûte plus dorée. Les boulangers artisanaux l’ont toujours su. Moi, j’ai mis soixante ans à l’apprendre.

L’eau de cuisson des oeufs et du riz, pour les petits soins du quotidien

Celle-là, je l’avoue, m’a surprise. L’eau dans laquelle on fait bouillir des œufs se charge en calcium et en protéines solubles, et plusieurs utilisatrices dans mon entourage la récupèrent pour en faire un engrais liquide pour les plantes. Je n’ai pas encore sauté le pas, mais la logique est cohérente. Ce qui est certain, c’est qu’elle peut remplacer l’eau d’arrosage ordinaire sans aucun risque, pourvu qu’elle soit bien refroidie.

L’eau de cuisson du riz, elle, a une réputation bien établie en Asie depuis des siècles. Riche en amidon et en vitamines du groupe B, elle s’utilise comme soin capillaire en rinçage après le shampoing, les femmes japonaises l’emploient traditionnellement pour renforcer et lisser les cheveux. Une habitude qui a traversé les siècles et convaincu pas mal de cosméticiens modernes, au point que certaines marques ont intégré l' »eau de riz fermentée » dans leurs formules à des prix parfois astronomiques. Autant la faire soi-même.

Une question de température et de bon sens

La seule vraie règle dans tout ça : laisser l’eau refroidir avant de l’utiliser. Verser de l’eau bouillante sur des plantes ou dans un siphon déjà fragile, c’est contre-productif. Pour le siphon, justement, une eau de cuisson chaude (pas bouillante) versée lentement peut aider à décoller les dépôts graisseux, c’est le genre de geste que nos grands-mères pratiquaient sans le théoriser.

Ce que j’ai retenu de tout ça, c’est moins la liste des usages possibles que le changement de regard qu’elle demande. On a été éduqués à considérer les « eaux » de cuisine comme des résidus à éliminer. En réalité, c’est souvent la partie la plus concentrée de ce qu’on a cuisiné. Si un chef étoilé garde son bouillon de légumes pour ses sauces, Pourquoi-il-ne-faut-plus-faire-son-lit-le-matin-ce-que-les-medecins-confirment-pour-mieux-respirer/ »>Pourquoi se priver du reste ? La prochaine fois que vous égouttez vos pâtes, peut-être que vous garderez un instant cette casserole au-dessus de l’évier, juste le temps de vous demander ce qu’elle pourrait encore faire pour vous.

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