Fini la clim dans la chambre : ce réglage du volet roulant évacue la chaleur du tablier sans utiliser la moindre prise

Le secret tient en un geste tout simple : au lieu de descendre le volet roulant à fond, on le laisse entrouvert de cinq à dix centimètres en bas. Cela permet à l’air de circuler, sans pour autant laisser pénétrer les rayons du soleil. Résultat : la chambre reste sombre et protégée, mais elle ne se transforme plus en étuve. Et tout ça, sans brancher le moindre appareil.

À retenir

  • Votre volet complètement fermé crée involontairement un petit radiateur solaire devant votre fenêtre
  • Un écart de 5 à 10 centimètres en bas du volet change complètement la donne thermique
  • La vraie astuce se joue la nuit : ouvrir grand pour créer une sur-ventilation qui recharge votre logement en fraîcheur

Pourquoi un volet fermé à fond peut aggraver la chaleur

On a tous ce réflexe, dès que le thermomètre grimpe : baisser les volets au maximum pour bloquer le soleil. Logique sur le papier. Mais ce geste peut produire l’effet inverse de celui recherché. Lorsqu’ils sont entièrement fermés, il se crée un espace confiné entre la vitre et le volet roulant. Lorsque le soleil frappe sur le volet, l’air dans cet espace se réchauffe fortement et ne peut pas s’échapper.

Cette poche d’air surchauffée ne reste pas sagement coincée derrière le tablier. Un amas de chaleur se crée alors, qui transmet la chaleur vers l’intérieur, réchauffe l’espace de vie et dégrade le climat intérieur. votre volet censé vous protéger devient un petit radiateur solaire posé juste devant votre fenêtre. J’ai testé ça chez moi l’été dernier avec un thermomètre posé sur l’appui de fenêtre : la différence entre volet hermétique et volet entrouvert se sentait clairement au toucher de la vitre, moins chaude dans le second cas.

Le mécanisme est simple à comprendre une fois qu’on connaît la physique du verre. Lorsqu’un rayon de soleil frappe directement une fenêtre sans protection, une partie de son énergie traverse le verre et chauffe l’intérieur de la pièce, c’est l’effet de serre domestique. Le volet a justement pour rôle d’intercepter ce rayonnement avant qu’il n’atteigne le vitrage. Mais s’il crée en même temps une bulle d’air stagnant qui monte en température, on perd une bonne partie du bénéfice.

Le bon réglage : ni tout fermé, ni tout ouvert

La solution tient dans un compromis facile à mettre en place, quel que soit le modèle de volet roulant installé chez vous. Il est conseillé de ne pas abaisser complètement le volet roulant. Le laisser entrouvert de cinq à dix centimètres permet à l’air de circuler, sans pour autant laisser pénétrer les rayons du soleil. C’est cette circulation d’air, même minime, qui empêche la fameuse poche de chaleur de se former.

Si votre tablier possède des lames ajourées, c’est-à-dire percées de petites fentes qui laissent filtrer un peu de lumière, vous avez encore mieux à disposition. Les fentes d’aération dans les lames du volet roulant permettent à l’air de circuler entre la fenêtre et le tablier. Cela empêche l’air chaud de s’accumuler devant la fenêtre et évite ainsi la formation d’un amas de chaleur. Certains fabricants vont même plus loin sur ce point technique : en position complètement fermée, un volet avec lames aérées est thermiquement plus efficace qu’un tablier plein hermétique. Si le vôtre n’a pas ces petites ouvertures, pas de panique, quelques centimètres d’écart en bas du tablier suffisent à obtenir le même résultat.

Le timing compte autant que le réglage lui-même. Il ne sert à rien de fermer les volets à midi quand le soleil tape déjà de plein fouet sur la façade. La bonne méthode consiste à suivre la course du soleil façade par façade, en fermant chaque volet avant que le rayonnement direct ne l’atteigne. Côté est, on ferme dès le matin ; côté ouest, on anticipe l’après-midi. C’est un peu comme fermer un parapluie avant qu’il ne pleuve plutôt qu’au milieu de l’averse.

La nuit, le vrai coup de pouce gratuit contre la chaleur

Le réglage entrouvert le jour ne fait que la moitié du travail. La seconde moitié se joue une fois le soleil couché. L’autre moitié se joue la nuit. Une fois le soleil couché, quand l’air extérieur redevient plus frais que l’intérieur, on ouvre grand fenêtres et volets pour évacuer la chaleur accumulée et recharger les murs en fraîcheur. C’est ce qu’on appelle la sur-ventilation nocturne, et elle marche main dans la main avec l’inertie thermique de votre logement : les matériaux lourds comme le béton, la brique, la pierre ou le carrelage emmagasinent ce frais nocturne et le restituent doucement le lendemain.

Si votre habitation compte plusieurs niveaux, il existe une technique encore plus efficace, presque gratuite. Un logement traversant, ouvert sur deux façades, est l’idéal, l’air circule en courant et chasse la chaleur. Sur plusieurs niveaux, on joue l’effet cheminée : on ouvre en bas et en haut, l’air chaud s’échappe par l’étage. J’ai une amie qui vit dans une maison en duplex et qui jure que cette astuce, ouvrir la fenêtre du rez-de-chaussée côté ombre et celle de l’étage en même temps, lui a permis d’éviter d’installer une climatisation malgré des étés de plus en plus chauds dans sa région.

Ce ballet quotidien, fermer en journée dans la bonne position, ouvrir en grand la nuit, peut réellement changer la donne sur votre facture énergétique. Certains systèmes de pilotage automatique, qui ajustent la position des volets selon la température et l’exposition au soleil, permettent de faire baisser le besoin en climatisation de 50 %, un chiffre qui donne une idée du potentiel de ce simple réglage manuel appliqué avec régularité. Un détail à surveiller malgré tout : après plusieurs semaines de forte chaleur, les moteurs de volets roulants électriques peuvent souffrir, notamment leur condensateur, ce petit composant qui encaisse le pic de courant au démarrage et qui a tendance à lâcher en cas de canicule prolongée. De quoi justifier, une fois de plus, l’intérêt de bien connaître son installation avant que l’été ne batte son plein.

Laisser un commentaire