Bilan de santé senior : à partir de quel âge et à quelle fréquence le faire

On a tous connu ce moment, vers 60 ans (parfois avant), où l’on se dit : « Je vais bien… mais est-ce que je vais vraiment bien ? » Pas par inquiétude, plutôt par lucidité. Le bilan de santé senior, c’est justement cette pause utile pour vérifier les grands voyants, remettre un peu d’ordre dans les traitements, et ajuster la prévention à notre âge, à notre rythme, à notre vraie vie.

En février 2026, on a de plus en plus d’outils de prévention structurés en France, notamment l’Examen de prévention en santé (EPS) réalisable dans certains centres, et le dispositif « Mon bilan prévention » à des âges repères. Le bon réflexe consiste à s’en servir comme d’un socle… puis à personnaliser avec son médecin traitant.

Pourquoi un bilan de santé est-il important pour les seniors ?

Les enjeux du vieillissement pour la santé

Vieillir en forme, ce n’est pas « ne rien avoir ». C’est repérer tôt ce qui peut se corriger facilement. Avec l’âge, plusieurs paramètres évoluent doucement, souvent sans bruit : la tension artérielle, la glycémie, le cholestérol, la masse musculaire, l’équilibre, la vision, l’audition, le sommeil, l’humeur… et parfois la mémoire de travail, celle qui nous fait chercher nos mots quand on est fatigué.

Le piège, c’est que beaucoup de signaux sont attribués à l’âge : « c’est normal d’être essoufflé », « c’est normal de moins bien entendre », « c’est normal de tomber une fois de temps en temps ». Dans les faits, une partie relève du vieillissement, une autre peut être améliorée par un ajustement simple : activité physique adaptée, correction d’une carence, optimisation d’un traitement, bilan auditif, kiné de l’équilibre, lunettes mieux adaptées.

Prévention, dépistage et accompagnement médical

Un bilan bien mené sert à trois choses très concrètes :

  • Prévenir : vaccins à jour, activité, nutrition, sommeil, santé mentale, risque de chute.
  • Dépister : cancers selon l’âge, diabète, hypertension, troubles visuels et auditifs, fragilité.
  • Accompagner : revoir les traitements (y compris l’automédication), clarifier les priorités, planifier la suite.

Pour approfondir cette logique globale sans tomber dans la surmédicalisation, vos pages sœurs sont précieuses : prévention santé senior, dépistages recommandés après 50 ans, examens médicaux recommandés après 60 ans, et la vue d’ensemble bien vieillir sante senior prevention longevite.

Bilan de santé senior : à partir de quel âge le réaliser ?

Existe-t-il un âge recommandé par les autorités ?

Si l’on parle strictement de « senior », la plupart des parcours de soins commencent à se densifier autour de 60 ans. Et, depuis quelques années, l’Assurance Maladie a mis en place « Mon bilan prévention » avec des tranches d’âge repères, dont 60-65 ans et 70-75 ans. Le principe est simple : un rendez-vous dédié (30 à 45 minutes) pour parler habitudes de vie, prévention, dépistages, et décider d’actions adaptées, avec un médecin, une infirmière, un pharmacien ou une sage-femme. Il est pris en charge à 100% et on ne peut en faire qu’un seul par tranche (un entre 60 et 65, puis un entre 70 et 75).

À côté de cela, il existe l’Examen de prévention en santé (EPS), également pris en charge à 100% (sans avance de frais) pour les assurés de plus de 16 ans, réalisé dans un centre d’examens de santé. L’EPS est pensé comme un « point d’étape » global et personnalisé, avec des examens et un compte rendu qui peut être transmis au médecin traitant si on le souhaite.

Donc, pour répondre clairement à la requête « bilan de santé senior à partir de quel âge » : en pratique, autour de 60 ans constitue un bon seuil pour structurer un bilan global, avec des dispositifs officiels qui existent déjà, mais on peut démarrer plus tôt si des facteurs de risque sont présents.

Facteurs conduisant à anticiper ou retarder le bilan

On anticipe volontiers (dès 50-55 ans, parfois avant) si l’on cumule certains facteurs :

  • antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires précoces, diabète, certains cancers ;
  • tabac (même ancien), alcool régulier, sédentarité ;
  • surpoids, tour de taille qui augmente, essoufflement inhabituel ;
  • hypertension, cholestérol élevé, prédiabète déjà évoqué ;
  • chutes, pertes d’équilibre, peur de tomber ;
  • fatigue persistante, troubles du sommeil, moral en baisse ;
  • traitements multiples qui s’empilent au fil des années.

À l’inverse, on « retarde » rarement un bilan… mais on peut l’alléger si le suivi est déjà très bien organisé, avec un médecin traitant régulier, des dépistages à jour et des bilans biologiques pertinents déjà réalisés. L’idée n’est pas de faire deux fois la même chose, c’est de compléter les angles morts.

Personnalisation selon antécédents, sexe et mode de vie

La personnalisation, c’est la clé. Deux personnes du même âge peuvent avoir des besoins très différents. Dans la vraie vie, ce qui change le contenu et le rythme du check-up senior :

  • Les antécédents : cardiovasculaire, métabolique, cancers, fractures, dépression, etc.
  • Le sexe et l’histoire hormonale : santé osseuse, urogénitale, risques spécifiques.
  • Le mode de vie : activité physique, alimentation, travail de nuit passé, exposition au soleil, isolement social.
  • Le contexte : aidant familial, deuil récent, changement de logement, arrêt du travail, reprise d’une activité sportive.

À quelle fréquence faire un bilan de santé après 50, 60, 70 ans ?

Recommandations générales

Je vais être franche : il n’existe pas une fréquence unique « gravée dans le marbre » valable pour tout le monde. En revanche, on peut raisonner en rythme utile, sans multiplier les examens.

  • Après 50 ans : un point santé global tous les 2 à 3 ans si l’on n’a pas de suivi régulier, plus souvent si un facteur de risque est connu. C’est aussi l’âge où les dépistages organisés prennent de la place selon les profils (à croiser avec la page dépistages recommandés après 50 ans).
  • Entre 60 et 65 ans : c’est une période idéale pour un bilan structuré. « Mon bilan prévention » (si vous le faites) peut servir de rendez-vous pivot, et être complété par une consultation médicale classique si des examens sont à programmer.
  • Après 70 ans : on garde un bilan global régulier, souvent tous les 1 à 2 ans, parce que la prévention des chutes, la vision, l’audition, la nutrition, les interactions médicamenteuses et la fragilité deviennent plus déterminants. Le rendez-vous « Mon bilan prévention » 70-75 ans peut être un bon moment pour remettre la prévention au centre.

Dans mon entourage, ceux qui vivent le mieux leurs années 70 ne sont pas ceux qui « font tout le temps des examens », mais ceux qui gardent une routine simple : un médecin traitant stable, des dépistages à jour, et un point annuel sur ce qui compte vraiment (équilibre, souffle, force, moral, sommeil, vaccins).

Cas particuliers : maladies chroniques, fragilité, polypathologies

Si vous avez une maladie chronique (diabète, hypertension, insuffisance cardiaque, BPCO, maladie rénale, etc.), la fréquence n’est plus celle d’un check-up « de confort ». Elle dépend du suivi nécessaire pour éviter les complications et ajuster les traitements. Le bilan senior se transforme alors en suivi programmé.

Autre cas fréquent après 70 ans : la fragilité. Ce n’est pas un jugement, c’est un concept clinique, et il peut être réversible à un stade précoce. Quand on observe une perte de poids involontaire, une fatigue marquée, une baisse de force, une marche plus lente, ou une activité physique qui diminue, on a intérêt à avancer le bilan, parce que les marges de progression sont souvent très bonnes avec un plan ciblé.

Que comprend un bilan de santé senior ?

Examens médicaux incontournables

Un bilan de santé senior sérieux commence par du très concret :

  • un entretien médical : antécédents personnels et familiaux, symptômes, rythme de vie, sommeil, humeur ;
  • mesure de la tension, du poids, du tour de taille, parfois de la saturation en oxygène selon le contexte ;
  • revue des traitements : prescriptions, compléments, plantes, anti-inflammatoires ponctuels, somnifères ;
  • bilans biologiques ciblés si pertinents : glycémie, lipides, fonction rénale, bilan hépatique, NFS, et selon les situations, vitamine D, ferritine, vitamine B12, TSH, etc.

Je mets un point d’honneur sur la revue de médicaments. À notre âge, les effets secondaires ressemblent souvent à des « symptômes du vieillissement » : vertiges, somnolence, constipation, troubles de la mémoire, chutes. Un ajustement peut parfois changer la vie.

Dépistages et bilans adaptés à l’âge (vision, audition, mémoire…)

Un check-up senior ne se limite pas au cœur et au sucre. Les bilans vraiment utiles, surtout après 60-70 ans, incluent souvent :

  • Vision : qualité de la correction, dépistage selon facteurs de risque, impact sur la conduite et les chutes.
  • Audition : repérage d’une baisse progressive, retentissement social, fatigue cognitive ; si besoin, orientation vers un bilan auditif.
  • Équilibre et marche : questions sur les chutes, test simple de lever de chaise, observation de la marche, orientation vers kiné ou activité adaptée.
  • Mémoire et fonctions cognitives : on parle de plaintes, de concentration, et on dépiste quand c’est utile, sans dramatiser.
  • Santé bucco-dentaire : mastication, douleurs, sécheresse buccale (souvent liée aux médicaments), infections.

Ces éléments « du quotidien » ont un lien direct avec l’autonomie. Ils comptent autant que les chiffres d’une prise de sang, parfois plus.

L’importance du suivi vaccinal et nutritionnel

Sur la vaccination, on a des recommandations claires et actualisées. En France, la vaccination contre la grippe est recommandée chaque année chez les 65 ans et plus, et les rappels Covid-19 sont proposés selon les recommandations saisonnières. Pour le pneumocoque, la Haute Autorité de santé a élargi la recommandation à tous les adultes de 65 ans et plus (tous niveaux de risque), avec une stratégie reposant sur une dose unique de vaccin conjugué 20-valent ou, plus récemment, 21-valent intégré à la stratégie.

Le volet nutrition, lui, mérite mieux qu’un conseil rapide. Après 60 ans, une perte de poids involontaire, une baisse d’appétit, des troubles digestifs, ou une fatigue peuvent justifier un dépistage de carences. C’est là que le suivi médical peut aider à détecter précocement certains déficits micronutritionnels, point que vous développez sur votre page dédiée.

Comment se préparer et faire son bilan de santé senior ?

Où et comment prendre rendez-vous

Trois portes d’entrée possibles, et elles se complètent :

  • Votre médecin traitant : parfait pour un bilan personnalisé, surtout si vous avez déjà un suivi.
  • Mon bilan prévention : entre 60-65 ans puis 70-75 ans, rendez-vous de prévention pris en charge à 100%, avec des professionnels identifiés (médecin, infirmier, pharmacien, sage-femme).
  • Un centre d’examens de santé : pour l’Examen de prévention en santé (EPS), pris en charge à 100% sans avance de frais, avec un compte rendu transmissible à votre médecin.

Questions à préparer, documents à apporter

Le meilleur moyen de rentabiliser un bilan, c’est d’arriver avec une petite liste. Pas un roman, une page suffit.

  • Ordonnances en cours, y compris les traitements « pris quand j’y pense ».
  • Liste des compléments alimentaires, tisanes, antalgiques, anti-inflammatoires utilisés.
  • Résultats récents (prises de sang, imagerie, comptes rendus spécialistes).
  • Vaccins : ce dont vous vous souvenez, et si vous avez un carnet ou un espace numérique, tant mieux.
  • Vos 5 questions prioritaires : sommeil, fatigue, sexualité, douleurs, essoufflement, chutes, mémoire, audition, moral.

J’ajoute un conseil de terrain : notez vos symptômes avec le contexte. « Essoufflement en côte depuis novembre », « réveils à 4 h depuis deux mois », « deux chutes dans la salle de bain ». Le médecin travaille mieux avec des faits datés.

Que faire après les résultats ? Le suivi post-bilan

Le bilan n’a d’intérêt que s’il débouche sur un plan simple. Concrètement :

  • clarifier ce qui est normal, ce qui mérite surveillance, ce qui nécessite une action ;
  • programmer les examens complémentaires avec un calendrier (et pas « on verra ») ;
  • mettre par écrit 2 ou 3 objectifs réalistes : activité physique, ajustement alimentaire, kiné équilibre, arrêt progressif d’un médicament inadapté, appareillage auditif si nécessaire ;
  • prévoir la prochaine étape (rendez-vous de suivi ou contrôle biologique si indiqué).

Si le bilan met en évidence une baisse auditive, par exemple, l’enjeu n’est pas seulement « entendre mieux », c’est limiter l’isolement et la fatigue. Votre page sur l’appareillage auditif et le dispositif 100% santé pourra être une suite logique pour ceux qui hésitent.

Bilan de santé senior et prévention globale : articulations avec les autres suivis

Lien avec les dépistages, vaccins et la surveillance des maladies chroniques

Un bilan de santé senior bien pensé ne remplace pas :

  • les dépistages organisés (et ceux discutés au cas par cas), détaillés dans dépistages recommandés après 50 ans ;
  • les bilans ciblés après 60 ans, regroupés dans examens médicaux recommandés après 60 ans ;
  • le suivi des maladies chroniques, qui obéit à des rythmes propres ;
  • le suivi vaccinal, à intégrer à chaque point santé.

Il sert de « chef d’orchestre ». Je préfère cette image, parce qu’elle remet de l’ordre sans ajouter des rendez-vous à n’en plus finir.

Faire du bilan un levier d’autonomie et de bien-vieillir

Oui, un bilan peut contribuer à prévenir une perte d’autonomie, surtout s’il dépiste tôt la fragilité, le risque de chute, une dénutrition débutante, une baisse de vision ou d’audition, ou un traitement trop sédatif. L’autonomie se joue souvent sur des détails : une marche moins sûre, une douche qui devient risquée, une audition qui fait éviter les sorties, un moral qui s’éteint, un sommeil trop mauvais.

Ce qui me plaît dans l’approche actuelle (et je parle en femme de 58 ans qui veut rester active longtemps), c’est qu’on quitte l’idée du bilan « pour chercher des maladies ». On va vers une prévention plus large, plus vivante, où l’on discute aussi activité, alimentation, liens sociaux, projets, et où l’on choisit ce qu’on veut améliorer.

Si vous deviez faire un seul pas cette semaine, je vous proposerais celui-ci : bloquez un créneau pour préparer votre liste de questions et vos documents, puis prenez rendez-vous, avec votre médecin traitant, via un centre d’examens de santé, ou dans le cadre de « Mon bilan prévention » si vous êtes dans la bonne tranche d’âge. Et vous, à quel moment avez-vous eu la sensation que votre santé méritait un vrai point d’étape, pas juste « tout va bien » ?

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