Alerte des médecins : ce risque que les femmes de plus de 50 ans ignorent

Le cancer colorectal reste, pour beaucoup d’entre nous, un truc de bonhomme, classé quelque part entre la prostate et la calvitie sur l’échelle des sujets gênants… et pourtant ! Plus le temps passe, plus les chiffres volent en éclats. Les femmes aussi sont massivement concernées, surtout après 50 ans, et trop nombreuses à l’ignorer. Pour la Société Française d’Endoscopie Digestive, il est clairement temps de bousculer les fausses idées : ce fléau silencieux n’est pas sexiste ! À l’occasion de Mars Bleu, la campagne annuelle dédiée au dépistage, impossible pour moi de ne pas relayer cette alerte utile, d’autant qu’on parle d’un cancer qui se guérit dans la très grande majorité des cas – à condition de le prendre de vitesse.

À retenir

  • Ce cancer n’est pas réservé aux hommes : les femmes de plus de 50 ans sont aussi concernées.
  • Le dépistage, simple et indolore, reste largement sous-utilisé malgré son efficacité.
  • Brisez les tabous pour protéger votre santé et celle de vos proches.

Un risque féminin passé sous silence

Depuis toujours, dans les déjeuners familiaux, le cancer colorectal apparaît – pour celles et ceux qui osent l’aborder – comme une histoire d’hommes. On imagine le type épicurien, un peu bedonnant, buvant son verre et plaisantant sur son foie ou ses intestins. Pourtant, les statistiques françaises de ces dernières années ne laissent plus la place au doute : sur près de 47 500 nouveaux diagnostics annuels en France, la moitié concerne des femmes. À ma grande surprise, ce cancer s’installe même parmi les trois cancers les plus fréquents chez la femme, juste après celui du sein et du poumon. Les tabous persistent, eux aussi, comme si aborder le sujet du colon était plus indélicat pour une femme – allez savoir pourquoi…

Ce tabou s’avère dangereux, car il nourrit la méconnaissance du risque. Beaucoup de femmes actives, occupées à gérer mille enjeux quotidiens, reportent un dépistage dont elles se croient à l’abri. Les priorités filent : un frottis ou une mammographie, ça, tout le monde connaît. Le dépistage du cancer colorectal ? Aux oubliettes, ou réservé à “ceux qui mangent mal”. Faux, archi-faux : l’âge (après 50 ans), l’hérédité et certains modes de vie touchent les deux sexes, sans favoritisme. Les chiffres, eux, restent implacables : ce cancer entraîne chaque année environ 17 000 décès dans l’hexagone. Oui, c’est colossal – et en majorité après 50 ans, une période où beaucoup d’entre nous se sentent en pleine forme, oublient presque que leur corps vieillit.

Le dépistage, clé de voûte de la guérison

Malgré tous les progrès de la médecine, rien ne rivalise avec une détection précoce. On ne va pas se mentir : le nom “coloscopie” fait frémir – j’ai moi-même longtemps soupiré devant ma convocation, avant de me décider à franchir le pas. Pourtant, les technologies ont radicalement changé la donne ces dix dernières années. Les techniques d’exploration digestive sont beaucoup plus douces qu’avant, avec des anesthésies bien pensées et des équipes qui savent rassurer sans traiter les patients comme des enfants. Une amie médecin m’a confié récemment qu’il n’y a jamais eu autant d’améliorations en si peu de temps, du matériel à l’accueil, tout est fait pour que l’expérience soit la moins intimidante possible – et c’est loin d’être un détail, surtout pour nous qui avons de l’expérience et refusons qu’on nous infantilise.

Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED) - Photo officielle

Pourquoi s’obstiner à laisser passer les jours, alors que le dépistage organisé se déroule, depuis plus de 20 ans en France, en toute simplicité ? Le test “immunologique” envoyé par la Sécurité sociale (vous savez, ce petit kit bleu-blanc-rouge qu’on reçoit chez soi tous les deux ans, maintenant à partir de 50 ans) est un modèle de prévention silencieuse : rapide, indolore, pris en charge à 100%. Un chiffre efficace : détecté au stade précoce, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10. Ce n’est pas de la magie, c’est une question de bon sens et de responsabilité individuelle. Un courrier qui reste sur le buffet peut tout changer. Il suffit de le faire, tranquillement, chez soi.

Bousculer les fausses évidences et reprendre la main

Trop de femmes, selon les retours de la SFED, préfèrent attendre ou se disent “pas à risque”. C’est humain, qui a envie de s’inventer des raisons d’aller regarder son colon quand rien ne cloche ? Pourtant, savoir que le cancer colorectal est sournois – longtemps silencieux, avec peu ou pas de symptômes au début – pourrait nous convaincre de ne pas lui laisser d’avance. Entre nous, combien de copines présentent à leurs petits-enfants la collection impressionnante de leurs carnets de santé, tout en repoussant leur propre test de dépistage, sous prétexte de ne pas avoir le temps ? Inversement, j’ai croisé en salle d’attente une femme de 62 ans, énergique, qui s’est félicitée d’avoir glissé son kit de dépistage dans sa valise pour les vacances – parce que oui, on peut faire ce test n’importe où, même entre deux promenades sur la plage !

La prévention, pour notre génération, c’est la possibilité de prolonger le plaisir d’une vie autonome et pleine de projets. À l’opposé des discours anxiogènes ou ultra-médicalisés, il s’agit juste de garder la main sur notre santé, sans drame ni fatalité. On ne choisit pas tout, mais on peut s’offrir le luxe de l’anticipation – et ce n’est pas une façon de parler. L’accès facilité à la coloscopie moderne, des résultats de tests renvoyés en quelques jours, une prise en charge globale : la France figure parmi les pays les mieux équipés pour éviter les conséquences dramatiques d’un diagnostic tardif. Il suffit de s’autoriser à agir, pour soi et son entourage.

Miser sur l’élan collectif et la curiosité

Rien de plus frustrant que d’apprendre, des années plus tard, qu’on aurait pu éviter une maladie sévère par un simple geste préventif. Partager autour de soi l’importance de ce dépistage, c’est aussi devenir ambassadrice de sa propre vitalité : je connais des groupes de marcheuses qui se lancent des défis “bien-être”, test à la main, pour ne pas se contenter des conseils généralistes qu’on nous sert depuis des générations. pourquoi ne pas glisser ce sujet dans les discussions entre amies, au même titre qu’on échange nos astuces pour garder la forme ? Parfois, les sujets qui chiffonnent un peu au début s’avèrent devenir, quelques années plus tard, les meilleures garanties pour rester présents là où ça compte vraiment – aux anniversaires, aux voyages, aux réunions de famille du dimanche.

On est en 2026, l’information n’a jamais été aussi accessible – et pourtant, certaines batailles de santé restent à mener, surtout celles qui touchent notre génération de femmes autonomes et encore sur tous les fronts. Le dépistage du cancer colorectal ? Un acte qui, loin d’être une fatalité, incarne justement la liberté de choisir sa trajectoire. Pour s’informer, prendre rendez-vous ou tout simplement en savoir plus sur les avancées de la prévention, on peut consulter le site officiel de la SFED – une mine d’informations sérieuse, loin des discours alarmistes ou trop simplistes.

D’ici cinq ans, à quoi ressembleront nos discussions sur la prévention ? Espérons qu’elles seront entamées à table comme autour d’un café, sans gêne ni tabou, avec la certitude que s’occuper de soi, c’est s’autoriser tout le reste. Prêtes à bousculer la routine, un test à la main et le sourire en coin ?

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