Quand Jean-Marc, conseiller bancaire depuis quinze ans dans une grande banque française, m’a confié sa stratégie personnelle autour d’un café, j’ai été surprise par sa franchise. « Vous savez, Marie-Claire, ce que je conseille à mes clients et ce que je fais vraiment pour mon argent, ce n’est pas toujours la même chose. »
Cette confidence m’a menée vers une réflexion que nous partageons tous : comment véritablement protéger notre épargne quand l’inflation s’établit à un niveau stable de 0,9 % sur un an en France, mais continue de grignoter silencieusement notre pouvoir d’achat ?
La vérité derrière les conseils officiels
Jean-Marc a été direct : « Officiellement, je dois proposer le Livret A à mes clients. C’est sécurisé, liquide, sans risque. Mais personnellement ? J’ai compris depuis longtemps que le Livret A ne protège pas de l’inflation. Bien que son taux soit périodiquement réévalué, il reste en deçà du taux d’augmentation de l’indice des prix. »
Cette réalité, beaucoup d’entre nous la ressentons sans oser l’admettre. Nous gardons notre épargne sur des supports « sûrs » par habitude, par peur du risque, mais nous assistons impuissants à l’érosion progressive de notre capital. 10 000 € placés à 2 % brut annuel sur un livret réglementé, dans un contexte d’inflation à 3,3 %, perdent environ 1,3 % de valeur réelle chaque année. En trois ans, cela représente une perte cumulée de pouvoir d’achat d’environ 4 %.
Sa stratégie personnelle en trois piliers
« Ma stratégie personnelle repose sur trois piliers », m’explique Jean-Marc. « D’abord, je maximise mon LEP quand c’est possible. » En effet, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) reste en 2025 le seul livret réglementé dont le taux est directement indexé sur l’inflation. Son taux brut annuel est maintenu à 5 % depuis février 2024. Malheureusement, ce produit reste soumis à des conditions de revenus strictes.
« Ensuite, j’ai basculé une partie importante de mon épargne vers l’assurance-vie, mais pas n’importe comment. » Il précise : « Je privilégie les contrats qui me permettent d’arbitrer entre fonds euros et unités de compte selon les opportunités. Avec des rendements entre 2,5% et 3,5% en 2024, elle offre une vraie protection anti-inflation, surtout si on sait jouer intelligemment sur la répartition. »
Le troisième pilier le surprendrait peut-être : l’immobilier via les SCPI. « J’ai découvert que en 2024, le rendement moyen brut annuel des SCPI distribuées par Homunity atteignait 6,23 %. C’est bien au-dessus de l’inflation, et l’immobilier a historiquement bien résisté aux hausses de prix. » Cette approche fait écho à ce que confirment les experts : investir dans l’immobilier est une solution intéressante pour protéger son épargne contre l’inflation. En effet, la valeur des biens immobiliers tend généralement à augmenter avec le temps, compensant ainsi l’effet de l’inflation.
Les erreurs qu’il évite soigneusement
« Ce que je ne fais surtout pas, c’est de garder tout sur le Livret A par facilité », insiste Jean-Marc. Il souligne une réalité que beaucoup ignorent : selon la Banque de France, près de 8 personnes sur 10 possèdent un Livret A en France. Ce qui en fait le livret le plus utilisé des français. Pourtant, cette popularité ne rime pas avec efficacité contre l’inflation.
Il évite également de se précipiter vers des solutions trop risquées. « L’erreur classique, c’est de paniquer face à l’inflation et de tout miser sur des placements volatils. Moi, je diversifie intelligemment. » Cette sagesse rejoint les recommandations des spécialistes : une stratégie de diversification de vos placements permet de répartir les risques et de limiter l’impact de l’inflation sur votre épargne. vous réduisez votre exposition à des fluctuations économiques spécifiques et améliorez le profil rendement/risque global de votre patrimoine.
Sa dernière mise en garde m’a particulièrement marquée : « Je ne néglige jamais ma réserve de précaution. Même si l’inflation grignote, j’ai toujours trois à six mois de charges courantes disponibles immédiatement. C’est la base de toute stratégie patrimoniale sérieuse. »
Passer à l’action sans précipitation
« Le plus important », conclut Jean-Marc, « c’est de ne plus subir passivement l’inflation. » Il recommande de commencer progressivement : réviser sa répartition d’épargne, explorer les contrats d’assurance-vie moderne, s’informer sur les SCPI adaptées à son profil.
Cette approche mesurée trouve écho chez les conseillers patrimoniaux indépendants : vous pouvez protéger efficacement vos économies de l’inflation avec une stratégie efficace : La définition d’une allocation patrimoniale sur mesure basée sur vos besoins. Le choix d’investissements protecteurs face à l’inflation (actions et immobilier).
L’inflation n’est plus une menace lointaine, elle érode notre épargne aujourd’hui. Comme Jean-Marc l’a compris, il ne s’agit pas de révolutionner du jour au lendemain, mais d’adapter intelligemment notre stratégie. Après tout, si les professionnels appliquent ces principes pour leur propre argent, peut-être est-il temps que nous en fassions autant pour le nôtre.